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14 août 2007
Un an à Londres
Il y a un an, j’arrivais à Waterloo par un temps à peu près aussi dégueulasse que celui d’aujourd’hui. Je venais de quitter Paris pour de bon, en y laissant derrière moi, mon chéri, 8 mois de chômage, mon premier chez moi, ma famille et mes amis. N’emmenant avec moi, que quelques fringues dont je me lasserais très vite, mais surtout ma meilleur amie.
Ce jour là, une fois quitté la maman de Pam, son chéri et le mien, Pam a pleuré. Moi, je souriais, malgré la boule qui me serrait le ventre en voyant mon Thierry me faire de grands signes derrière la baie vitrée de Gare du Nord. Mais je souriais. J’étais heureuse. Je ne savais pas vers quoi je me lançais, mais je quittais une vie dont les perspectives professionnelles et personnelles me déprimaient. Autant au début de ma recherche d’emploi, les annonces en communication de l’ANPE me faisaient rire (pige de la presse dans le secteur trépidant de la perceuse, être flexible sur les horaires, accepter un salaire de caissière), mais à force de lire ces variantes au fil des semaines, j’ai réalisé qu’en restant à Paris, je devrai tôt ou tard, accepter le moins pire. Le moins pire ? Ce n’est pas vraiment ça qu’on m’avait promis à la fin de mon école et encore moins ce que je m’étais imaginé.
Enfin, je pense qu’il n’y a pas vraiment de hasard, parce que certains de mes potes d’école on trouvé un boulot sympa, moi, je n’avais pas ma place à Paris. Ca m’a mis un coup de pied dans le derrière, pour accepter d’entreprendre un rêve de gamine : voyager.
Depuis mon retour du Canada il y a 5 ans, ça m’a toujours démangé. Deux fois, j’ai failli, mais il y avait toujours quelque chose qui me retenait. Cette fois-ci, pas d’excuse, même Thierry m’encourageait.
Et je l’ai fait, j’ai quitté ma vie. Et depuis cette phrase continue de se décliner. Car en un an, j’ai changé. Un mélange de régression et de prise de responsabilité. Etrange... mais je me glisse dans cette nouvelle Marion, comme dans une vielle paire de chaussons. Elle était là et je ne l’écoutais pas. Je n’écoutais pas ses rêves. En gros, je me niais purement et simplement. C’était pourtant simple à suivre comme ligne de conduite : suis tes envies, vis tes désirs, écoute-toi.
Après une année à Londres, qui est bien entendu, passée à une vitesse phénoménale, je suis assez contente. Je vous explique :
- J’ai appris à connaître une capitale hors norme et je m’y sens plutôt bien. Son centre n’a plus de secrets pour moi depuis un moment, j’ai mes adresses préférées et une diversité culturelle qui ne cesse de m’étonner. En revanche, raz le bol de son temps pourri, la prochaine étape : n’importe où au soleil !
- Côté professionnel, je n’ai connu que les Néréïdes. Au départ, manutentionnaire dans la cave de son magasin de Covent Garden, j’ai fini par y passer vendeuse. Mon boulot me plait énormément : j’aime le contact client, la magie du lieu, mes collègues, mon quartier et les bijoux. Et si tout va bien, je vous annonce encore une promotion dans quelques temps !
- Mon chéri m’a rejoint. Je pense que c’est l’un de mes plus grands bonheurs. Après un an à vivre dans des villes différentes, lui aussi a énormément évolué. On savait, quand je suis partie il y a un an, qu’on courait le risque de changer chacun de son côté de façons totalement différentes. Au final, on a profité chacun d’être seul, pour se retrouver, aller chercher au fond de nous ce qu’on était vraiment. Mais malgré toutes nos différences, on regarde plus que jamais vers le même horizon. C’est surprenant et très confortant.
Bref, même si ma vie pourrait être plus douce avec quelques degrés en plus, elle pourrait surtout être pire.
J’ai un boulot qui me plait, un compagnon de route très précieux, un cercle d’amis qui s’agrandit petit à petit et une peau dans laquelle je me sens beaucoup mieux.
Pour finir ce long article, je voudrais remercier tous ceux qui sont venus me voir en un an : Pauline (qui vient pour la 3ème fois, à la fin du mois), Gaby (qui repartait de sa 2ème visite ce matin et débarque pour de bon dans un mois), Tecapi, Emilie, Vincent, Sab, Tof, Maman et Papa. Et je n’oublierais certainement pas celle qui m’a suivi dès le début : Paméla.
Ca fait chaud au cœur d’être si bien entourée !
Marionnette
11:15 Publié dans Londres | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
t'exagères... il fait pas si moche aujourd'hui :p
Ecrit par : pem | 15 août 2007
Ca passe vite tout ca quand meme !
En tout cas je suis tres contente que tu reste a Londres pour le moment je ne me vois pas ici sans toi !!
J'espere qu'on aura encore de tres bon moments a Londres toute les deux !
gros bisous !
Ecrit par : Pam | 15 août 2007
Moi qui était dégoutée que tu t'en ailles au final je suis heureuse de te voir si heureuse :) Pour le soleil et les degrés en tout cas t'as pas à regretter Paris!!!
Vivement dans 15 jours ;)
Ecrit par : Pauline | 16 août 2007
Ha les petits loups, je suis aussi tres enthousiaste pour passer plein de bons moments avec vous tous.
Ma popo, nous comptons les jours avant ton arrivee !
Ecrit par : Marionnette | 16 août 2007
lucide et joli regard sur cette année, finalement ça ressemble à du bonheur tout ça ! même si ça fait un peu mal de ne pas te voir plus souvent je me réconforte en sachant que tout va bien, et puis... je t'ai toujours fait confiance non ?
Ecrit par : Mamounette | 16 août 2007
Effectivement ta vie n'appartient qu'à TOI et il faut la vivre pleinement, la prendre à bras le corps afin d'être contente de toi, mais ne pas perdre de vue le discernement car la vie aussi courte qu'elle soit se vit dans la durée et il y a beaucoup de belles années devant toi, et si tu veux me faire plaisir, fais très attention à toi car tu es un de mes liens les plus précieux.
Ecrit par : Papa | 17 août 2007